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Le coût, le prix et la valeur des médicaments


Je vous invite aujourd’hui à vous rendre sur le blog de Marie-France de Meuron. Elle est médecin et nous propose de nombreux articles sur la santé avec une regard et un point de vue original sur la santé en générale et en Suisse. Elle fait un énorme travail d’information, de réflexion et de sensibilisation. Un grand merci à elle . Je vous prose aujourd’hui son article ; Le coût, le prix et la valeur des médicaments

Voici ma réaction:

Solidarité oblige !

Il est difficile de parler de santé sans parler de son coût. Mais il est tout autant difficile d’en parler en termes de solidarité.

Les expériences de la vie nous emmènent dans un labyrinthe de sentiments et de factures qui ne se font pas toujours avec des chiffres financiers, mais de fractures avec des pertes de proches.
Je vous remercie pour votre article très  intéressant. Vous y parlez des ces médicaments très chers avec plus de 80 % de bénéfice. Cela  m’a interpellé.

https://www.rts.ch/info/economie/10221246-les-marges-spectaculaires-des-pharmas-sur-le-cancer-en-suisse.html


 
Permettez moi de relever quelques passages qui sont à mon avis parlants et de poser les questions qui vont avec.

Un médicamanent qui sauve beaucoup de vies.


Il en est fait état dans le reportage. C’est l’argument principal pour justifier ces prix pharaoniques.
Il me paraît prétentieux de prétendre qu’un médicament sauve des vies, il peut au mieux la prolonger . La vie est là. Il va de même pour  les médecins et le personnel soignant, ils  accompagnent leurs patients dans leur vie, jusqu’à cette phase qu’est le décès. On meurt tous. Alors sauvent-ils  la vie ? Dans la vraie vie, il en va bien autrement. Ainsi dans les décès que j’ai connu dans un environnement relativement proche au cours de 20 dernières années, j’y constate des situations tragi-comiques sur le plan des soins :

- Un patient âgé, atteint d’un cancer de l’eösophage, doit subir une radio thérapie. On veut le sauver, mais, pour des mesures d’économie, on a limité le nombre des séances selon une table du système de santé. Il se trouve que cette personne réagit bien à ce traitement et après environ  la moitié des séances, son état est jugé suffisent, mais comme il a droit à plus de séances, on continue les rayons  et lui brûle cage thoracique et abdomen. Quelques temps plus tard, il en résulte  un gros problème intestinal qui doit être opéré en urgence, il faut lui mettre une poche. Arrivé à l’hôpital au petit matin, on ne l’opère pas tout de suite, car on pense qu’il va encore mourir aujourd’hui. Le soir, comme il est toujours vivant, on décide de l’opérer quand-même. Le pronostique est optimiste et l’on parle même d’une poche provisoire. Il est placé en soins continus. Dans cet hôpital, on a procédé à des économies de personnel, et pour ce faire, les soins continus et les soins intensifs ont été réunis. Ils  ne sont surveillés que par une seule et même personne le dimanche, une infirmière qui n’est pas autorisée à sortir du service, même pour pendre son repas. Elle a oublié le patient en question, qu’elle avait installé pour les visites, sur un fauteuil, sous une grille de climatisation qui souffle sur lui un air glacial pendant environ 6 heures… Il décède d’une pneumonie quelques jours plus tard.

- On veut sauver cette autre personne opérée de la vésicule biliaire, mais les drains ce sont rétractés dans la blessure et il faut réopérer dans la même journée pour les ressortir. Plud tard, l’organe extrait est révélée  cancéreux par la biopsie.  On enlève une partie du foie quelques mois plus tard. Alors qu’il n’existe pas de traitement, on laisse espérer. Elle souffre encore une année et meurt finalement de ce cancer. Quelques heures avant son décès, un médecin lui vend un dernier soin ; un perfusion d’eau « pour qu’elle ne meurt pas de soif », dit-il à la famille, ce qu’elle ne saurait refuser. Mais la personne ne résorbe déjà plus aucun liquide. N’est-ce pas un peu comme dans un grand magasin où l’on met des bonbons devant la sortie, juste pour arrondir le chiffre d’affaire ?

DES AUGMENTATIONS DE PRIX EN SYSTÈME « BOULE DE NEIGE ».

Dans ces cas, on y constate que, des soins génèrent d’autres soins et que les erreurs médicales sont prises en charges par les assurés. Ce qui a aussi un effets sur le prix des médicaments,  puisque le reportage dit, que les médicaments sont calculés, non pas en fonction du coût de fabrication, mais : EN FONCTION DU BÉNÉFICE  QU’IL PROCURE AUX PATIENTS ET A LA SOCIÉTÉ, donc, plus on consomme plus c’est cher .
La question qu’il faut aussi se poser est :  quelles sont les marges consenties sur des médicaments de base ? Commercialement, il est dans la pratique de prélever un certain pourcentage au passage d’une marchandise. Quelle est la marge que se prennent les intermédiaires : hôpitaux, médecins, assurances, ou autres, sur les médicaments ou fournitures qu’ils nous livrent? On peut également faire des comparaisons ; par exemple combien coûte à la santé,  le m³ d’eau en sachets, pour les perfusions, livré et rendu sur le patient , actes médicaux compris, comparé à un autre m³ d’eau livré au citoyen? Je pense que là aussi qu’on aura des chiffres bénéficiaires astronomiques…

UN MÉDICAMENT TROP CHER PEUT TUER

En opposition il y aussi cet autre cas. 
Un homme dans la trentaine, dont la caisse-maladie refuse de payer un nouveau médicament qui serait son dernier espoir. Il meurt laissant trois orphelins en bas âge.

Dans ces trois cas, il faut bien constater, qu’il y a tout d’abord une certaine impuissance sur la vie d’autrui ; c’est la sienne et non la notre. En aucun cas, même dans sa pleine puissance, une personne ou une entreprises  ne peut se permettre  d’affirmer « je vous ai sauvé la vie ».  

Madame Peters, chef du service oncologie médicale au CHUV et qui va prendre la présidence de la société médicale européenne d’oncologie en 2020, dans un autre reportage de la RTS, apporte des précisions à ce genre de situation.
« … Si l’on discute de ces médicaments très chers, c’est qu’ enfin on a des nouveaux traitements pour les patients souffrants de cancers. Elle dit aussi :  « Et les pharmas n’ont jamais prétendu avoir un but non lucratif… » Quant aux  bénéfices 2018 de Roche et Novartis, 22 milliards selon la RTS.  Elle nous explique que :«  L’angélisme ici est dangereux. On ne peut pas imaginer faire des progrès sans les Pharmas ». Portant ce montant représente environ 2750 francs/an par habitant en suisse. Presque autant que je paie en assurance maladie  annuellement! Est-ce que l’assurance n’est pas simplement un aiguillage financier vers  les majors de la santé ? Est-ce que pour eux, les soins médicaux apportés à leurs protégés ne seraient qu’un mal nécessaire pour faire des bénéfices?
Dans le reportage télédifusé, on y parle de situation abusive ou le client captif et raquetté par le fabriquant de médicaments. Une bulle spéculative sur le dos des patients et d’un système de santé sociale. Une vache à traire pour les fabricants de médicaments.
- On explique aussi que les pharmas sont des contribuables de la Suisse, ils payent des impôts. La suisse a relativement avantage à ce que les médicaments sur le marché intérieur soient relativement chers, comme ça on peut justifier des prix chers à l’étranger également, qui vont rapporter à l’économe suisse et par le biais des impôts, rapporter à l’économie fédérale.
- Selon une étude de l'université de Liverpool, une boîte de Glivec coûterait au maximum 30 francs à fabriquer. C'est 86 fois moins que les 2592 francs facturés par Novartis »

Par contre, à la radio, toujours à propos des médicaments,   style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Madame Peters, nous dit : « Si nous sommes dans cette problématique c’est heureusement  qu’en Suisse on peut encore distribuer des médicaments et discuter que tous les patients aient les mêmes médicaments, ça fait longtemps qu’aux Etats-Unis ce n’est pas les cas ... »
« … Si l’on discute de ces médicaments très chers, c’est qu’enfin on a des nouveaux traitements pour les patients souffrants de cancers. Le problème est qu’en oncologie on parle de traitements qui pourraient vous sauver la vie. »...« On a installé ou décidé d’installer en suisse un système solidaire… En suisse on peut bénir notre système d’assurance maladie. 95 à 99 % de mes patients on accès à tous les traitement oncologiques ». (Que deviennent les autres ?)


LA SOLIDARITÉ

La solidarité qu’est-ce que c’est?

Dans cette interview livrée par la radio, la première question qui est posée à  Madame Peters, est :
 « On va parler prix des médicaments qui sont quelques fois exorbitants pour certaines thérapies, et on voit de plus en plus souvent des gens appeler à la solidarité et à la générosité sur les réseaux sociaux. Est-ce que les financements participatifs vont devenir la norme pour certains traitements ?
Réponse :« Je ne le souhaite pas. » « ...La solidarité extrêment magnifique et bénéfique etc, ne devrait pas exister, c’est que c’est à nous, les médecins,  à nous les politiciens, à nous les engagés de la santé, de travailler pour que ces in-équités n’existent pas. L’élan social est très utile, mais l’élan social ne devrait pas remplacer un système politique, qui serait transversal, équitable, et qui défendrait ces valeurs que Ruth Dreifus avait à l’époque  inséré avec la LAMAL… ».

Si cette phrase laisse entendre une certaine compassion du monde de la santé envers leurs clients, il y a, semble-t-il, dans cette position, une question de situation sociale, le médecin, un professionnel  qui sait, qui as de l’expérience,  que l’on n’oserait contredire. Mais cela reste un point de vue professionnel au travers du petit trou du spécialiste. Elle masque une certaine réalité : la débrouille des abandonnés du système pour ne pas « crever » et c’est très regrettable ! Pour pouvoir louer ce système,  il faudrait qu’il fonctionne, et la, vraisemblablement, il y défaillance. En plus, avec mes primes qui on augmenté de 368 % depuis 1997 et qui vont augmenter encore, on peut dire qu’il a vraiment des sacrés problèmes!


Il faut se demander : Qu’est-ce que la solidarité de la LAMAL ? Pour cela il faut se poser la question: Est-ce que dans le monde médical, globalement,  on gagne bien sa vie ?
Selon les statistiques suisses, la moyenne des salaires dans la santé se trouvait dans une fourchette de 6’700 à 8’000 francs avec des extrêmes d’environ 5’600 à 13’000, sans parler des indépendants et/ou spécialistes qui peuvent gagner des sommes beaucoup plus importantes…
Dans un autre  milieu, par exemple, les professions de l’agriculture, le revenu annuel est très inférieur ; dans l’ordre de 30 milles francs/an, soit environ 2500 francs/mois,

La solidarité, n’est-ce pas ce sentiment de fraternité dont parle le dictionnaire, qui pousse les hommes à se porter assistance ? Peut-on revendiquer des revenus supérieurs au nom de la solidarité? Peut-on dire à son prochain : « quand je te soigne, je vaux plus que toi » et rester « solidaire » avec lui ? « Je vais te soigner mais cela va te coûter très cher, car mon bénéfice doit me rapporter encore plus ».

Est-ce que les petits paysans ne sont-il pas plus solidaires que les services de santé eux mêmes, lorsqu’ils nourrissent sainement cette même population à un prix modique?
Ne faut-il pas précisément une vraie solidarité entre soignants et soignés et finalement trouver des alternatives au système de santé actuel. La vague générales va pourtant dans le sens inverse, les autorités fonctionnent, de plus en plus, selon le mode de privatisation, dans lequel on favorise le principe : tu utilises, tu payes.

PERSPECTIVES:

Dégager un certain profit que l’on peut définir… c’est la proposition qui émerge de ce reportage
Est-ce que le profit est compatible avec solidarité? Qu’est-ce qu’un profit en matière de santé? N’est-ce pas cette façon adroite de faire croire à son interlocuteur que payer plus et trop, c’est dans son propre intérêt de lésé, sinon il va mourir ?
Mais l’OMS veille sur le grain et promet un baisse générale du prix des médicaments  Madame Peters nous parle aussi de révolution et tempête politique,  mais elle y croît:« si les autorités prennent la gouvernance, l’entier du marché du médicament  sera beaucoup moins coûteux pour tous les pays. Ex : peut-être un médicament coûtera, peut-être à la fin de l’établissement de ce modèles... mille francs en suisse et 400 en Grèce… » Est-ce que cela ne risque pas, comme avec la LAMAL, de créer de nouveaux transferts financiers vers les industriels et créer un inflation supplémentaire incontrolable: faire payer les patients des pays riches pour profiter encore plus des exportations de médicaments, avec des bénéfices encore plus colossaux... et passer à côté de la vraie solidarité?


Mais on nous met en garde :  « En suisse, on peut encore rembourser les médicaments dans les 5 à 10 prochaines années sans trop de problèmes. » Alors que se passera-t-il après? »

Est-ce que pour défendre un système de santé si onéreux, en pleine inflation, il ne faut pas être sois-même un bénéficiaire direct du système en y gagnant avantageusement sa vie ?

C’est pourquoi je pense qu’il faut faire attention au double langage comme « sauver des vies » ou « solidarité » qui manipule et rajoute quelques éléments émotionnels qui peuvent rapporter gros. Faire attention également aux  raccourcis du genre que ; les pharmas seraient incapables de nous soigner, si nous ne leurs versons pas des bénéfices colossaux ? Attention aussi aux  comparaisons hasardeuses et trompeuses avec des systèmes médiocres ou inexistants, comme aux USA.
En Suisse on paye… et c’est obligatoire,  pour enrichir les riches du système de santé qui en veulent encore plus ! Ça semble malheureusement une triste réalité.

Finalement, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux avoir un système vraiment solidaire hors des affaires et profits personnels comme on voit se dégager  dans ces articles, comme nos bonnes vieilles petites mutuelles, près des gens et qui nous coûtaient pas cher?
Et concernant les médicaments, la Suisse a un grand laboratoire militaire de recherche : le laboratoire de Spiez est un institut suisse spécialisé en matière de menaces atomiques, biologiques et chimiques, d'un coût de 28,5 millions de francs suisses… (selon Wikipédia). Si nous pouvons le faire pour la guerre, ne peut-on pas imaginer un tel laboratoire fédéral pour la santé ? Avec le budget à milliards que nous payons aux pharmas, on devrait pourvoir faire quelque choses ! Par exemple, développer les médecines douces, qui ne sont souvent pas remboursées, et qui n’apparaissent, de fait, que peu ou pas dans les statistiques des coûts des médicaments et de la santé?

Apropos vache à lait, je travaillais en collaboration avec un vieux vétérinaire qui me disait : « Je vais faire une piqûre à ta vache qui va faire beaucoup de bien à son propriétaire ! » N’est-ce pas un peu la même chose avec les pharmas ?